Une vie démente

Une vie démente

09.02 | Ciné Stuart séances à 18:00 et 20:15 Ann Sirot et Raphaël Balboni mettent leur fantaisie au service d’une histoire dramatique, et traitent de l’accompagnement de nos aînés d’une façon douce et singulière. En compétition au Festival du film francophone de Namur.

Infos

09 févr., 18:00
Ciné Stuart, Rue Sylvain Guyaux 16, 7100 La Louvière, Belgique

En résumé

Séances à 18:00 et 20:15

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Alex et Noémie forment un  couple de trentenaires bruxellois pour qui tout semble rouler : ils sont installés dans un joli appartement, ont chacun un travail stable et projettent de faire un enfant. Leur cadre de vie respire la bohème, on sent le parfum artistique dans lequel ils baignent, indice d’une certaine délicatesse qu’on leur reconnaît directement, ne serait-ce qu’en apercevant les sourires complices qu’ils échangent, cette manière douce d’être ensemble.

On comprend vite cet engouement pour les belles choses lorsqu’on rencontre Suzanne, la mère d’Alex, sexagénaire classieuse, commissaire d’une galerie d’art contemporain, un rien excentrique, portant sur l’extérieur un regard pointilleux, y voyant de la beauté là où un œil naïf n’y verrait que du commun.

Mais depuis quelque temps, Suzanne a un comportement abrupt, elle bloque sur les mots, semble désorientée. Son naturel fantasque fait qu’on ne s’en alarme pas tout de suite, jusqu’à ce que ça devienne inquiétant…

Et puis, le diagnostic tombe : Suzanne souffre de démence sémantique, trouble mental proche de la maladie d’Alzheimer.

En plus de la souffrance de voir sa mère se dérober à elle-même, buter sur la langue qu’elle-même lui a apprise, Alex va devoir se poser la question que tout un chacun voudrait repousser indéfiniment : comment s’occuper de nos parents défaillants ?

Ann Sirot et Raphaël Balboni abordent cette question avec nuances, fidèles à leur univers doux et fantaisiste déjà aperçu dans leurs courts métrages. On sourit souvent face aux frasques de Suzanne, à sa manière légère et folle d’habiter le monde. Et nous restons sans cesse en empathie avec Alex qui observe, impuissant, cet être aimé chavirer, et tente comme il peut d’épargner son couple de cette situation qui l’impacte plus qu’il n’ose l’avouer.

Cette forte identification doit beaucoup au jeu des acteurs, d’un naturel bluffant, et dont le parler-vrai, la sincérité suscitent toujours la compassion.

Cette allégresse du ton se déploie aussi dans la mise en scène, minimaliste formellement (c’est le premier film a avoir été produit sous le label « production légère » mis en place par la Fédération Wallonie-Bruxelles), mais à travers laquelle se glisse de petites trouvailles de style (notamment dans les costumes et la décoration) qui en font toute l’originalité.

Alicia Del Puppo, Les Grignoux

Comédie belge réalisée en 2021 par Ann Sirot, Raphaël Balboni | avec Jo Deseure, Jean Le Peltier, Lucie Debay | 1h27