Erika Zueneli

Landfall

pièce chorégraphique pour dix interprètes
et ramifications participatives à La Louvière

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25, 26, 27.11 | Le Théâtre

Navette bus au départ de Bruxelles le 25.11 | infos > 064 21 51 21

C’est un fragment d’espace mental. Peut-être une île, peut-être un no man’s land. Une zone frontière, une zone à défendre face aux rétrécissements du réel.

Pour habiter cette terra incognita, Erika Zueneli réunit dix interprètes. Ces jeunes adultes sont pris dans le flot continu de ce qui pourrait être une révolution secrète, de celles qui ne cherchent à convaincre personne. En assemblage d’énergies et de sensibilités, ils questionnent cette zone qui renferme tous les possibles d’un monde encore à bâtir. 

 

LANDFALL compose et recompose des existences qui se nouent, se disloquent et se redécouvrent, tour à tour fougueuse, animales, mystérieuses, violentes. Ils transforment ainsi progressivement cette zone qui est la leur. Une porte ouverte vers un monde à l’envers – loin des guerres, des inégalités et des horizons bouchés, pourtant on ne peut plus actuel. Que faire ? Que faire si ce n’est jouer côte à côte, inventer des règles du jeu pensées pour être bouleversées. 

Pour Erika Zueneli, une chorégraphie n’est pas nécessairement une suite de mouvements codifiés. Il peut s’agir de gestes très simples du quotidien, mis en espace. Ce qui différencie un travail théâtral d’un travail chorégraphique, c’est bien cette notion d’espace. Pour un spectacle de danse, chez elle, on ne part pas d’un questionnement psychologique. On part de l’espace, on invente son occupation, ainsi qu’une rythmique du geste. Sur la scène, on assiste à une abstraction mise en corps. Au spectateur ensuite d’inventer son interprétation psychologique ou politique. 

Chez Erika Zueneli, tout est danse. Elle a à cœur de s’éloigner du mouvement technique, de la phrase chorégraphiée. Même si elle a été formée à la rigueur du classique, elle s’en éloigne dans son travail de création. Elle aime notamment travailler avec des personnes qui ne viennent pas de l’univers de la danse. 

 

Dans cet état d’esprit, elle a créé Landfall. Le point de départ du spectacle, c’est l’impatience. Une impatience, une urgence qu’elle ressent, elle, en tant que danseuse d’un cinquantaine d’année. Et une impatience qu’elle retrouve dans la jeune génération. Mais ne lui dites pas qu’elle fait un spectacle sur la jeunesse ; ce n’est pas son but. Il s’agit d’abord et avant tout d’un spectacle comme d’un échange, un apprentissage mutuel, une transmission de savoirs, entre un groupe de jeunes interprètes et elle. Même si évidemment, les questions générationnelles sont abordées, indirectement. Pour travailler le sujet, elle a casté 10 personnes, danseuses et danseurs, bien sûr, mais aussi comédiennes et comédiens et circassiens.

 

participatif

Erika a aussi, à côté de ces ateliers avec les danseur·se·s, créé un travail à la rencontre des jeunes du territoire où la pièce se joue. Ici, c’est le territoire de La Louvière, avec Central, qui est particulièrement attentif à cet aspect participatif dans ses axes de programmation. Il s’agit d’une ramification du projet, basé sur des ateliers proposés aux jeunes. L’idée est, au départ, de les amener sur scène pour le spectacle. Mais il s’agira peut-être d’un travail autour du spectacle, présenté en marge de celui-ci. Dans la démarche de processus chère à la chorégraphe, la forme finale du rendu de ce travail participatif n’est pas encore déterminée. Quoi qu’il en soit, les jeunes sont amené·e·s à travailler sur les mêmes thématiques que les danseur·se·s, dans des ateliers d’improvisation, de déconstruction/reconstruction. Ce travail ancré sur le territoire n’est pas une première pour Erika et Tant’amati, qui ont déjà, lors du spectacle Partita présenté début des années 2000, proposés des représentations participatives en marge du spectacle,  à la Défense (Paris) ou dans les jardins de Versailles. Ce Partita 2 avait rencontré un beau succès auprès des différents publics.

Ici encore, à La Louvière, l’idée est de travailler concrètement avec le public pour lui faire découvrir le travail de la scène, autrement que sous le prisme du spectateur. L’idée est également de faire sortir une voix, une parole chez ces spectateurs potentiels et, à partir de ceci, de faire surgir un mouvement. Selon Erika, c’est une chose qui n’existe plus beaucoup, dans notre société, le geste pour le mot. Cette façon de travailler permet de développer l’imaginaire. Ce travail sur le groupe, au-delà de la scène, tient particulièrement à cœur à Erika, qui a grandi dans une communauté, en Italie, et pour qui la notion de groupe est essentielle. 

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Erika Zueneli

Née à Florence il y a 57 ans, Erika Zuelini est danseuse et chorégraphe. Formée à la danse classique, elle s’initiera également aux danses contemporaines. Martha Graham et Merce Cuningham sont alors les références en la matière. Elles influenceront son travail.

Avec la compagnie florentine dans laquelle elle travaille, elle part à New York. Elle s'y imprégne de l’atmosphère galvanisante et inspirante de la ville. Elle participe au J.O. d’Albertville en 1992, sous la direction de Découflé, ce qui l’amènera à Paris. Elle danse, beaucoup, et de tout.

Plus que toute autre, la vie de danseuse est faite de mouvements et de rencontres. Celle qu’Erika Zueneli fait en 1993 est décisive. Elle participe alors à un stage donné par Nicole Mossoux. La relation professionnelle qui s’engage alors est d’une grande fidélité, elle se poursuit aujourd’hui. Son installation en Belgique s’impose alors tout naturellement à Erika, qui, entretemps, a travaillé avec une compagnie circassienne et a eu un enfant. 

En 2000, elle crée sa compagnie avec Olivier Renouf, L’Yeuse. En 2008, très présente sur la scène Belge, Erika crée Tant’amati (Tant t’aimer), nom d’un duo dansé en 2013 avec Sébastien Jacobs (prix de la Critique 2014), et titre d’un film d’Ettore Scola. La compagnie a produit une vingtaine de pièces, tant sous forme de solos, de duos que de spectacles de groupe. 

Conception et chorégraphie : Erika Zueneli | collaborateur artistique et regard scénographique : Olivier Renouf | danseurs, comédiens : Alice Bisotto, Benjamin Gisaro, Caterina Campo, Charly Simon, Clément Corrillon, Elisa Wery, Felix Rapela, Louis Affergan, Lola Cires, Matteo Renouf | conseil dramaturgique : Olivier Hespel | regard extérieur : Julie Bougard | création sonore : Thomas Turine | création lumière : Laurance Halloy | assistants au projet : Corentin Stevens, Louise De Bastier | administration : Ta-Dah / asbl | production/diffusion : Des Organismes vivant

Photographie © Jean Fürst

Partenaires : Central - La Louvière | CCN Rillieux-la-Pape | Centre des Arts Scéniques - Mons | Le Pavillon, Ville de Romainville | Centre Wallonie Bruxelles, Paris | Studio THOR | avec la Fédération Wallonie-Bruxelles- Session danse // Région Ile de France - PAC (via des Organismes Vivants et Cap étoile) // DRAC Île-de-FranceAccueils en résidence : Central - La Louvière | Grand Studio | Studio THOR | CCN Rillieux-la-Pape | CCN Ballet du Nord à Roubaix